« Fais toi confiance, tu es professionnelle de l’éducation ! « 

Trop souvent j’ai cherché une solution toute faite, une formation qui me donnerait la clé pour préparer ma classe et articuler les apprentissages de façon simple et naturelle, un livre qui me permettrait rien qu’en le lisant de vivre une année scolaire dans une harmonie totale ! Trop souvent j’ai voulu que ma journée de classe soit parfaite : des élèves qui respectent les règles, des séances qui se déroulent comme prévu, mes réactions toujours sereines et adaptées, mon exigence envers les élèves toujours valorisante et motivante,…. Bien sûr j’y ajoute l’envie de toujours mieux faire, d’adapter au mieux pour chaque élève, être toujours plus souriante et dynamique, d’accompagner mieux les familles, de m’investir dans toujours plus de projets…

UNE PHRASE de mon chef d’établissement suite à un entretien pendant lequel je lui exprimais mes doutes et c’est le déclic ! Un déclic que j’ai envie de partager avec les enseignantes et les enseignants aujourd’hui grâce à mon nouveau projet professionnel :

« Fais toi confiance, tu es professionnelle de l’éducation, ne l’oublie pas ! « 

Oui, je suis professionnelle ! J’ai une formation, un diplôme et surtout de l’expérience. Oui, je peux améliorer mais c’est le projet de tout à chacun et c’est ce qui rend notre métier intéressant. Comment se faire confiance ? Comment faire classe avec qui on est ? OUI, nous savons ce qu’il faut faire et ce que nous aimerions améliorer mais voyons nous ce que nous faisons ? Voyons nous tout le positif qui se joue déjà dans nos classes ? Célébrons nous toutes les réussites de nos élèves et nos propres réussites ? C’est l’enjeu pour moi aujourd’hui lors de mes formations : permettre à chacun et à chacune de se faire confiance, de s’appuyer sur ses forces pour savoir quel professionnel il a envie d’être, de s’appuyer sur les forces de chaque membre de l’équipe et de célébrer les réussites, les avancées.

Et si nous appliquions pour nous-même toutes ces phrases que nous disons aux élèves : « c’est normal de se tromper » – « tu vas progresser à force de t’entrainer et tu pourras apprendre de nouvelles choses » – « si tu ne comprends pas pose moi la question ou demande à un camarade de t’expliquer » – « l’erreur fait partie de l’apprentissage » – « le principal c’est d’essayer » – « fais toi confiance »…

C’est pour cela que je propose lors de mes échanges avec les équipes des apports théoriques et des outils pratiques permettant de mieux se connaître, de se reconnecter à soi, de définir ses objectifs, d’être vigilant à la gestion de son temps, de tourner son regard sur ce qui fonctionne, sur ce qui ressource et de s’appuyer sur ces constats pour de nouveaux projets !

Comprendre ce qui se joue dans notre cerveau !

  • Permettre aux élèves de travailler en groupe
  • Manipuler
  • Accompagner l’erreur
  • Laisser l’élève expliquer, partager, s’exprimer…

Plusieurs propositions sont à imaginer !

Après avoir écouté une conférence de Pascal Toscani présidente du laboratoire « grene monde », docteure en psychologie cognitive, psychologue et chercheure associée au LIRDEF à l’université de Montpellier, j’ai envie de vous partager quelques notions clés que l’on « doit » avoir en tant qu’enseignante. Je mets le mot « doit » entre guillemets car je vous invite à être bienveillant et bienveillante avec vous-même. Cette bienveillance est une priorité pour moi, de la douceur et de la patience envers nous-même, nous permet d’avancer sereinement et de bouger dans nos pratiques avec joie !

Quelques idées clés de la conférence de Pascal Toscani :

– La prise de conscience de ce qui se joue dans notre cerveau lorsque nous réfléchissons, lorsque nous prenons des décisions doit être une information prioritaire pour l’école du future. L’école devrait en faire une affaire de priorité absolue car il s’agit de notre liberté d’agir et de penser. Pour Pascale Toscani : « Il s’agit de la préservation de notre humanité en tant que sujet pensant ».

– l’erreur en apprentissage n’est pas un bug du cerveau, c’est une pépite cognitive essentielle à la réflexion, à l’apprentissage. On ne peut donc pas sanctionner l’erreur puisqu’elle est le moteur de l’apprentissage.

– Plus un enfant est en difficulté plus c’est difficile pour lui d’accepter de modifier la pensée : il est alors nécessaire de l’accompagner. Cet accompagnement favorise la plasticité cérébrale. Plus nous sommes capables de jouer avec la pensée, plus nous pouvons appréhender des contenus disciplinaires différents.

– Il est nécessaire de travailler sur les représentations des élèves pour leur permettre de construire une nouvelle représentation. A la fin de l’apprentissage, l’enseignant a pour mission de leur faire mesurer la différence : l’élève prend conscience qu’il est en train de modifier sa pensée. Comprendre ce que l’enfant comprend devient une action au cœur de notre pédagogie. « Apprendre » c’est demander à l’enfant ce qu’il sait pour pouvoir l’aider à le transformer.

– L’école a le devoir de faire comprendre que le monde n’est pas si simple et que nous avons chacun notre représentation du monde. Pour comprendre le monde et pouvoir s’y projeter, il est nécessaire de savoir prendre du recul, de se distancier. Apprendre à apprendre, apprendre à se distancier devient alors un apprentissage primordial dans « l’école de demain ».

Comment permettre à l’élève ce retour sur lui-même dans nos classes au quotidien ? Peu importe notre pédagogie finalement, c’est notre posture qui est au centre de cette mission, notamment par nos questions : Comment as-tu fait ? Qu’en penses-tu ? Echange avec ton voisin pour comprendre son fonctionnement. Les échanges entre pairs invitent systématiquement l’élève a un retour sur lui-même pour comprendre son propre fonctionnement. Qu’ai-je appris aujourd’hui ? Nous pouvons proposer aux élèves d’écrire les réponses sur des post-it (seul ou en collectif) et afficher l’ensemble sur un mur des apprentissages ! Qu’avons-nous besoin d’apprendre demain ? Quels objectifs on se donne pour la journée ? Je vous invite à apporter vos suggestions en commentaires !

La créativité de 1 à 99 ans…

Je reprendrai pour comprendre la créativité de façon simple ces deux définition « capacité, faculté d’invention, d’imagination » (Larousse) et « capacité d’un individu à imaginer ou construire et mettre en œuvre un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème. » (Wikipédia) Cette capacité est, au vue des enjeux de demain, à développer chez les enfants et les jeunes. « Découvrir une solution originale à un problème » est un enjeu prioritaire comme nous le rappelle François Taddei. Je vous invite d’ailleurs à écouter quelques interviews de ce chercheur qui nous apporte des éléments de réflexion.

La créativité me semble être une des clés au mieux être des élèves et des professionnels dans les écoles. Elle invite à une reconnexion à soi, à ce qui nous motive, à ce qui nous ressource et à ce qui nous anime. Nous pouvons créer par le dessin, l’écriture, le bricolage, le mouvement, la danse,… L’idée est de créer sans objectif à atteindre que celui de laisser notre imagination, notre intelligence, nos émotions nous guider. Nous pouvons partager le résultat de ce que nous avons créé et l’expliciter, ce temps permet de prendre confiance. Nous sommes tous capable de créer.

Deux raisons principales pour lesquelles je mets l’accent sur la créativité dans les écoles est cette chance pour l’enseignant d’alléger certains temps de préparation : une feuille et un crayon, du matériel de récupération suffisent pour créer.

La seconde est la la différenciation ! Et oui, lorsque l’enfant crée il me semble plus facile de différencier car l’enseignant va venir en réponse à un besoin exprimé. « Je ne sais pas écrire ! » – « Je te propose de commencer par des mots que te semblent importants ». J’ai eu l’occasion de voir des élèves de CE1 écrire des histoires pendant que d’autres écrivaient quelques mots. Cela suppose de poser un cadre au quotidien de bienveillance et un travail au préalable afin de se rendre compte que nos forces ne sont pas tous dans les mêmes domaines. Nous sommes différents.

Quelques idées pour créer à l’école :

  • le landart : créer une œuvre à partir d’éléments naturels lors d’une sortie,
  • la production d’écrits : prévoir un temps quotidien ou hebdomadaire pour l’écriture de mots, de phrases ou de textes (selon les élèves). Deux possibilités : la créativité dans un cadre donné (charade, poésie, …) ou la créativité par l’expression libre. L’élève doit alors se connecter à ce qu’il pense, ce qu’il ressent et le mettre en forme.
  • les arts visuels : organiser de temps en temps une séance de création libre avec le matériel à disposition, le résultat peut être surprenant,
  • les projets : lors de projets laisser le groupe d’élèves définir le comment, les modalités, les outils, …
  • le jeu libre : l’enfant est alors amener à créer des rôles, des actions, des réponses à des propos,
  • le sport : à partir d’un jeu étudié, proposer aux élèves de créer de nouvelles contraintes.

Il existe de multiples possibilités pour développer la créativité dans le quotidien des enfants, je vous invite à laisser cour à votre imagination et serait ravie de lire quelques propositions dans les commentaires.

Mes interventions en écoles primaires

Mon projet se concrétise et je souhaite vous présenter un de mes champs d’interventions ! Mon objectif premier est de permettre une harmonie dans l’établissement. Je propose alors des interventions auprès de chaque partenaire de l’écosystème de l’enfant.

Lors d’un premier contact avec le chef d’établissement, nous définissons les forces, les points d’appuis et les besoins de l’école. Les forces et les points d’appuis sont des éléments clés à rappeler et à développer pour l’ensemble des partenaires. Nous choisissons par la suite les besoins prioritaires : « manque d’attention » – « manque de motivation » – « soucis relationnels » – « volonté de développer de nouvelles pédagogies » – « aménager les espaces intérieurs et extérieurs »… J’établis alors des propositions d’interventions pour répondre à ces besoins. Puis avec le chef d’établissement, nous définissons le cadre.

Les interventions possibles :

  • Formation collective – les journées (ou demi-journées) sont organisées autour d’outils pratiques pour les professionnels, d’apports théoriques et de temps « méta ». Ces derniers permettent de penser l’adaptation en classe. Les notions clés : les motivations, le stress, la communication.
  • Animation et facilitation – j’interviens lors des concertations pour animer, faciliter la réflexion autour du projet choisi.
  • Ateliers avec les enfants – suite aux besoins soulevés, je propose des ateliers pour permettre aux enfants de découvrir le fonctionnement de leur cerveau, de leurs émotions, des motivations et de la communication. Les ateliers s’organisent autour de temps de l’attention, temps d’explications, temps de jeux pour connaître ses talents, ses forces et temps d’expression.
  • Interventions auprès des familles – toujours en lien avec le chef d’établissement, je peux intervenir sur le thème choisi et en faire une présentation aux associations et/ou aux familles.

Si vous souhaitez mettre en place un projet ou avoir une première réflexion sur les possibles, je vous propose un premier échange. Vous pouvez me contacter par mail : annehelenetoublanc@mailo.com ou par téléphone : 06 63 41 40 10.


La joie de découvrir la neuroplasticité…

Beaucoup d’articles, de posts circulent autour de ce thème, les contenus y sont souvent élaborés et scientifiques. En tant qu’enseignante, la neuroplasticité est pour moi à penser au quotidien avec nos élèves. Elle me donne beaucoup de confiance dans l’avenir et en même temps elle implique beaucoup d’exigence.

La plasticité une bonne nouvelle, de la confiance dans l’avenir

En travaillant autour de ce thème, j’ai senti un soulagement de découvrir la capacité de notre cerveau à se modifier tout au long de notre vie. Pour moi, pour mes élèves, pour mes enfants, je ressens une grande liberté, une sérénité de me dire : « Les choses peuvent changer c’est biologique, c’est naturel« , ‘ »Je peux apprendre de nouvelles choses tout au long de ma vie« . De nombreux parcours scolaires relatent ce que les neurosciences viennent confirmer. Nous connaissons tous des personnes qui ont démarré une scolarité fragile et qui ont aujourd’hui une situation professionnelle qui leur convient et parfois très reconnue. Je reprendrai simplement l’exemple d’un enfant qui ne parlait pas en arrivant à l’école et qui aujourd’hui est procureur.

La neuroplasticité : une exigence

Lorsque quelque chose ne convient pas dans notre quotidien, « une mauvaise habitude », nous pouvons agir dessus. Cependant, il est évident que cela nécessite un travail sur soi, un entraînement, une volonté. Il est nécessaire d’accepter la situation, de prendre conscience de ce que nous voulons changer, de trouver des leviers qui permettent le changement, de s’appuyer sur nos forces et de persévérer. Ce changement nécessite une bienveillance inconditionnelle envers soi même : un droit à l’erreur.

En tant qu’enseignante, cette exigence se situe dans notre posture, notre attitude, nos paroles, nos gestes. Le cerveau de nos élèves va s’adapter à ce qu’il entend, ressent, voit, comprend,… L’enfant est en apprentissage continue. Nous devons être exigeants dans ce que nous proposons. La bienveillance inconditionnelle envers soi-même reste de mise car nous ne sommes pas parfait et la bienveillance pour l’autre prend alors toute sa place. « Quoi qui se passe, je suis présente pour toi ? Si tu échoues, si tu te trompes, comment pourrais-je t’aider ? ». L’enfant peut alors prendre sa place et être acteur. La bienveillance ce n’est pas faire à la place de l’autre c’est lui laisser son espace en tant qu’individu et acteur. Cette posture nécessite de prendre le temps d’aller bien soi-même et de travailler avec une équipe de professionnels pour échanger sur notre quotidien, nos questionnements, exprimer nos difficultés, nos réussites, progresser,… Un métier passionnant avec un impact non négligeable sur notre bien-être et sur celui de nos élèves.

Quand je me suis rendu compte que c’était du stress…

Dans mon nouveau projet professionnel, je m’imprègne de différentes recherches, lectures, partages… et la découverte de l’ANC (Approche Neurocognitive et Comportementale), initiée par Jacques FRADIN est pour moi une clé de compréhension.

En lien avec cette approche, j’ai lu dernièrement « parents zen » de Brigitte DURRUTY et Catherine SCHWENNICKE (je vous invite à découvrir la présentation du livre : ici) et réalisé une formation avec l’association TADAM, des occasions pour moi de comprendre l’ANC. Des éléments clés viennent alors éclairés mes dernières années en tant qu’enseignante et en tant que maman : un soulagement pour moi de comprendre ce qui se joue dans mon quotidien.

L’élément principal pour moi est la compréhension du stress. Lorsque nous sommes en stress, nous réagissons de 3 façons différentes :

  • la fuite (je veux m’échapper de la situation : mon corps se met en mouvement, je transpire, mon rythme cardiaque augmente,…)
  • la lutte (ma mâchoire se crispe, mes sourcils sont froncés, j’ai des tensions musculaires,…)
  • l’inhibition (mon regard va vers le sol, ma voix est lente, j’ai froid, je pleure,…)

Ces comportements, je les ai retrouvés dans mon quotidien et notamment lorsque je suis avec mes enfants ou avec mes élèves. Lorsqu’ils ne font pas ce que je leur demande ou ne répondent pas de la façon dont j’avais imaginé, lorsqu’ils se disputent avec un autre enfant,… je me mets en stress !!! Et oui, ils viennent chatouiller mes façons de voir, mes valeurs, mes « principes » ! Mes réponses sont alors inadaptées : ma mâchoire se crispe, j’ai des tensions,… et un élément vient s’ajouter à cette situation qui dérape : les neurones miroirs !!! Et oui, nos chers et tendres se mettent également en stress grâce à leurs neurones miroirs ! Une révélation pour moi car cette première étape de prise de conscience fait déjà redescendre mon stress, j’apprécie avec l’ANC les outils simples et efficaces. Certes, il est nécessaire de s’y « contraindre » dans un premier temps puis ils deviennent des automatismes (toujours en construction pour ma part !).

  • La respiration,
  • L’humour,
  • Décider de changer d’état d’esprit avec des petites phrases clés :
    • Quelle valeur viennent-ils chatouiller ?
    • Qu’est-ce que cette situation vient m’apprendre de nouveau ?
    • Si je me mets à sa place ?
    • Que puis-je faire d’autre ?

Je comprends alors l’importance de remettre de la créativité dans ma vie (et celles des enfants) car créer dans n’importe quel contexte (le dessin, la musique, la danse,…) sans attendre de résultat, habitue notre cerveau à créer de nouvelles solutions notamment lorsque nous sommes en stress ! La créativité permet également de laisser place à la notion de plaisir, de détente,… Que des avantages !

Et oui, le stress est un ami !!! Le stress est « un ami si on arrive à l’identifier comme ce qu’il est un signal d’alarme pour nous dire de changer de mode mental » (extrait du MOOC-IT de la formation TADAM).

A présent, je me rends compte des moments dans lesquels je suis en stress et j’essaie ces différentes techniques pour me sortir de mes comportements non adaptés ! Un soulagement ! Pourquoi ? Car j’ai pris conscience que le stress régulier m’amène à de la fatigue, un quotidien que je subis, des attitudes que je n’aime pas,… Je retrouve avec ces apports un quotidien plus serein. Certes ces automatismes nécessitent du temps mais ils me permettent un mieux-être. Bienveillance envers soi devient alors le maître-mot. Je suis parfaitement imparfaite !

Prendre soin de soi, des autres et de la planète

  • L’enjeu principal est d’apprendre à prendre soin de soi, des autres et de la planète.
  • Pour prendre soin de soi, il faut accepter et dépasser nos difficultés rencontrées à titre individuel, dans nos familles et dans la société. Se reconcilier avec son passé pour pouvoir se projeter. L’importance de l’histoire commune : Où en sommes-nous ? Où voulons-nous aller ?
  • S’accepter dans son humanité : l’erreur est humaine et nécessaire.
  • Les solutions d’hier ne suffisent plus, il faut inventer les solutions de demain, travailler ensemble pour relever les défis. Développer l’intelligence collective devient une obligation.
  • Les compétences à développer dans le système éducatif : l’empathie, la compassion, le respect, la créativité, la communication, l’esprit critique, la coopération.
  • Aujourd’hui, la technique est capable de beaucoup, il est donc important de mettre l’éthique au cœur de notre système éducatif.
  • Apprendre à apprendre, développer la réflexivité sur ce que l’on apprend et comment on apprend est primordial. On sait aujourd’hui que :
    • Lorsque l’on dort bien, on apprend mieux.
    • Lorsque l’on n’est pas stressé, on apprend mieux.
    • Lorsque l’on est dans un collectif bienveillant, on apprend mieux.
  • Célébrer ce que l’on a appris et le partager avec les autres.
  • Créer la motivation pour permettre au jeunes d’être les acteurs du monde de demain. Les apprentissages fondamentaux sont les fondements des projets qui tiennent à cœur, qui motivent les jeunes.
  • Tous les jeunes doivent être formés à la résolution de défis complexes pour s’adapter au monde de demain.

Je vous invite à écouter l’interview si vous souhaitez avoir l’ensemble des informations.

Apprendre à être optimiste

Que chacun puisse apprécier le présent et espérer dans un avenir relativement serein est une force pour notre monde de demain.

Les scientifiques, les chercheurs, les philosophes, les psychologues l’expliquent dans différents articles, nous avons par nature une tendance à nous orienter vers le négatif. Cette tendance nous a longtemps et est encore nécessaire à certains moments pour des questions de survie comme par exemple réagir à un potentiel danger pour l’éviter (précipice, feu, …). Cependant, cet automatisme doit être constaté pour ne pas être appliqué à toutes les situations de notre quotidien (un dossier, une réunion, un repas à préparer, …) sans quoi nous nous générons du stress, de la fatigue, de la lassitude ou encore de l’angoisse.

Pour reprendre les termes de Charles Hadji (Université de Grenoble Alpes) dans son article « Apprendre à être optimiste, un enjeu éducatif » , « L’optimiste éprouve un sentiment de confiance dans l’avenir, et s’attend à un heureux dénouement des situations. Tandis que le pessimiste a la conviction que les choses finissent toujours par mal tourner. Le premier est plutôt heureux de son présent, et sans crainte particulière pour son avenir. Le second mécontent du présent, et très inquiet pour son avenir ». Suite à ces définitions, je me demande ce que nous souhaitons pour nos jeunes. Pour ma part, la réponse est simple, évidente et essentielle. Que chacun puisse apprécier le présent et espérer dans un avenir relativement serein est une force pour notre monde de demain. Maintenant se pose la question du comment ? Car oui être optimiste cela s’apprend. Les neuroscientifiques le confirment, nous pouvons améliorer nos capacités à voir les points positifs dans chaque situation. Cette capacité nous entraîne alors dans un cercle vertueux car plus nous percevons le positif plus nos actions s’orientent vers du positif et plus notre attitude est tournée vers l’autre. J’ajouterai que, toujours selon les chercheurs, cette attitude est contagieuse !

A cette question du « comment », des idées me viennent en tête :

  • Terminer sa journée avec les 3 kifs (3 moments, paroles ou rencontres que j’ai apprécié dans la journée et essayer de ressentir le moment comme si j’y étais). Vous pouvez retrouver cette proposition sur le site de Florence Servan Schreiber.
  • Se rendre compte lorsque quelque chose de positif se passe et l’apprécier, le noter par exemple dans un petit cahier de gratitude ou de kifs (outil que l’on pourrait très bien imaginer en classe, les élèves font alors de la production d’écrits, du 2 en 1 !)
  • Prendre conscience qu’une autre personne est bien souvent à l’origine d’un moment agréable, d’une action positive. Savoir l’apprécier (en l’ajoutant dans son petit cahier) et/ou le remercier. Je pense que ceci est également possible en classe, en prenant appui, par exemple, sur le conte des chaudoudoux pour les plus jeunes (vous trouverez des ressources pédagogiques formidables sur les sites pédagogiques). Nous pouvons également imaginer des temps en classe lors desquels on remercie quelqu’un pour un moment, une phrase, un geste.
  • Accompagner les jeunes et les enfants à prendre conscience du cheminement réalisé lorsqu’ils réussissent une action, un exercice, … afin de se rendre compte qu’ils sont acteurs de leurs réussites.
  • Revenir sur des situations difficiles et voir comment on a essayé de les dépasser, nos ressources personnelles et les personnes qui nous soutiennent lors des ces situations. Nous pourrons alors nous appuyer sur ces mêmes ressources lorsque d’autres difficultés surviendront.
  • L’ennui et la méditation sont également des outils très intéressants pour développer ces attitudes, ces pensées tournées vers le positif.

Ces idées ne sont que des pistes. Il me semble que dans les équipes de professionnels, plusieurs idées peuvent émerger, en choisir quelques unes, les mettre en place. Avoir des actions communes sur l’ensemble des classes peut rendre ces actions automatiques et être une ressource essentielle pour un enfant, pour un jeune dans sa vie personnelle et professionnelle. Ces actions choisies peuvent également être présentées aux familles qui peuvent, à leur façon, utiliser ces outils pour eux même et/ou conforter leurs enfants dans cette démarche.

Je souhaite, pour se rendre compte de cet enjeu éducatif, ajouter quelques extraits de l’article de Charles Hadji qui me font particulièrement écho :

« L’un (le pessimisme) conduit à subir et à se résigner, au nom d’un présent toujours décevant. L’autre (l’optimisme) à agir et à avancer, au nom d’un lendemain susceptible de chanter. »

« Il faut envisager l’optimisme comme une manière de surmonter la tristesse dans laquelle plonge la prise en compte de la dureté des temps, et le constat des souffrances qui accompagnent toute vie humaine. »

« Il ne faut pas penser l’un (l’optimisme) contre l’autre (le pessimisme), comme si le choix de l’un ne laissait aucune place à l’autre. […] Le monde est ce qu’il est. Il ne nous veut ni bien, ni mal. L’avenir est incertain, et peut faire advenir le bien comme le mal. C’est pourquoi le réalisme du pessimisme n’interdit pas, bien au contraire, « l’espérance folle » (Guy Béart) de l’optimisme. Il faut se guérir d’un pessimisme paralysant. L’éducation se doit donc de promouvoir un optimisme salvateur. »

Humanité : une histoire optimiste – Rutger Bregman

L’histoire de ce livre me plait particulièrement car je l’ai découvert par hasard… Initialement je l’ai choisi pour un cadeau mais n’étant pas sûre du contenu j’ai choisi de le garder pour moi ! Un « choix » (le hasard ?, une chance?) qui m’a apporté du positif.

L’auteur met en avant à travers des études scientifiques et en reprenant l’histoire que la plupart des personnes sont bonnes. Il explique que certaines expériences en psychologie le prouvent de façon claire, les gens veulent s’entraider. Il prend l’exemple des guerres, l’homme combat la plupart du temps en soutien à des proches et non pour des idéologies. Il détaille également des expériences qui mettaient en avant des hommes et des femmes « mauvais » alors que ces expériences ont été soient biaisées, soient mal interprétées. Je me souviens de l’expérience de Milgram dont on m’a parlé en licence sciences humaines, dont les conclusions étaient que sous l’autorité les personnes pouvaient faire le mal « facilement » or elles le font au prix de grands efforts de la part des scientifiques et elles le font pour une raison initialement bonne (pour les sciences et la médecine par exemple). « Les gens sont prêts à aller très loin et à supporter une grande détresse pour être des gens bien, déclara-t-il des années plus tard. Les cobayes se sont fait piéger par leur désir de bien faire… » (propos de Don Mixon qui répliqua l’étude de Milgram dans les années 1970).

Dans son épilogue, l’auteur met en avant dix préceptes (extraits du livre):

  • En cas de doute, partez du principe que l’autre vous veut du bien.
  • Pensez en termes de scénarios gagnant-gagnant.
  • Changez le monde : poser une question : Dans la pratique, il est toujours préférable de commencer par poser une question. […] D’aider les enfants à déterminer leur propre trajectoire, …
  • Tempérez votre empathie, entraînez plutôt votre compassion : la compassion est plus maîtrisée, plus distanciée et plus constructive. Elle n’amène pas à partager la souffrance d’autrui, mais permet de la voir et ensuite de passer à l’action. La compassion donne de l’énergie.
  • Tâcher de comprendre autrui, même si vous n’y comprenez rien : notre intelligence n’a rien d’une fine couche qui recouvrirait notre nature émotive. C’est une composante essentielle de ce que nous sommes. […] Comprendre quelqu’un sur le plan rationnel est une compétence. C’est un muscle que l’on peut entraîner.
  • Aimez vos proches, comme les autres eux aussi aiment leurs proches : si on se laisse guider par la compassion, au contraire, on se rend compte qu’un étranger est toujours proche de nous. […] Il faut d’abord prendre soin de ce qui est au plus près de soi pour pouvoir accueillir ce qui est au-delà.
  • Evitez les infos (journaux télévisés, …).
  • Tendez la main à votre pire ennemi.
  • Sortez du placard, n’ayez pas honte de faire le bien.
  • Soyez réaliste : nous vivons sur une planète où les gens sont profondément enclins au bien. Cédez à votre nature et accordez votre confiance.

Ce livre me donne confiance et m’interpelle sur notre rôle de parents et d’enseignants. Faisons nous confiance dans l’autre et particulièrement dans l’enfant ? Faisons-nous suffisamment ressentir aux enfants la confiance dans l’autre ? Et si nous partions du concept que les enfants ont la plupart du temps l’envie de faire le bien autour d’eux.

Cela me rappelle un philosophe et professeur (dont je n’ai plus les sources) qui s’exprimait sur le métier d’enseignant et qui disait que tout enseignant doit avoir confiance dans l’avenir car nous donnons aux enfants les clés du monde de demain. Si en nous même nous pensons « voici les clés mais prudence, les gens ne sont pas bons et la vie est difficile », les enfants et les jeunes prendront-ils les clés facilement ? Certes le contexte, les enfants et les jeunes nous conduisent à redoubler d’efforts pour garder cette espérance mais celle-ci est sûrement une des clés pour aimer notre métier et pour l’avenir des jeunes que nous encadrons.

Découvrir son talent

Suite à l’écoute d’un entretien de Marguerite Chevreul « découvrir son talent pour donner un sens à sa vie« , plusieurs éléments ont attiré mon attention. Je vous fais part des idées que je retiens en reprenant en partie les mots de Marguerite Chevreul : développer, utiliser, déployer ses talents nous rend heureux. L’important n’est pas le nombre de talents mais ce que l’on en fait. Tout le monde a des talents, certains en ont beaucoup, d’autres en ont moins mais peut-être des plus grands. Nous sommes tous différents et c’est tant mieux. C’est cette diversité et le respect des talents de chacun qui fait un monde dans lesquels chacun à sa place et apporte à l’autre. Quels sont les talents que j’ai reçus ? Il est important pour l’auteur de ne pas se lamenter sur ce que l’on n’a pas mais d’apprécier ce que l’on a. Nos talents ont un but, c’est pour cela que nous devons les cultiver.

Pour découvrir nos talents, nous devons être attentifs à ce qui nous rend heureux, à ce que l’on a aimé faire, à ce qui rend les autres heureux et aux choses pour lesquelles notre entourage nous sollicite. Généralement lorsque nous nous appuyons sur nos talents dans une action ou dans un projet nous rendons les autres heureux et l’énergie que nous déployons pour y arriver est moins couteuse que pour d’autres actions. L’idée de connaitre ses talents, de les développer, nous permet de les améliorer et d’en retirer du positif. Nous sommes alors dans un cercle vertueux. C’est lorsque nous sommes dans l’exploitation de nos talents que nous nous exprimons en tant que personne.

Nous retrouvons dans cette thématique des talents, la gratitude. Les talents que j’ai et ceux des autres sont des cadeaux. Je peux faire des belles choses pour moi et pour les autres et les autres peuvent faire de belles choses. Se rendre compte de ces possibilités et s’en émerveiller donne une autre dimension à notre vie, à notre quotidien.

Pour la coach, il est important d’apprendre à percevoir ses talents à hauteur de ce que l’on est capable de faire, ne pas les idéaliser mais les apprécier de façon humble et simple. Certains talents peuvent être pratiqués lors de loisirs, de bénévolat,… Un talent peut ne pas être assez grand pour en faire son métier et certains demandent des efforts, de se dépasser, c’est dans ces difficultés que l’on peut s’accomplir.

Je retiens également l’importance de dire aux autres leur talent. Culturellement, nous le faisons peu mais prendre cette nouvelle habitude m’enthousiasme particulièrement !

Cette coach utilise cette approche des talents avec des adultes. Je pense que cette découverte des talents est également intéressante auprès des enfants. J’ai pu expérimenter en classe les « après-midis des talents ». Une joie de voir les enfants se découvrir les uns et les autres dans des domaines divers et variés : la musique, le dessin, la gymnastique, le foot, la relation aux autres, la réalisation de collections. J’en retiens également le positif que j’ai ressenti de les voir se questionner sur leur propre talent : « bonne question, dans quel domaine je me sens à l’aise ? » et sur le talent des autres. Une belle énergie se ressent lorsqu’un enfant a partagé son talent.

Accompagner un enfant pour découvrir ses talents, ce en quoi il est doué, lui accorder un espace/temps pour les développer va lui permettre de progresser, d’améliorer ses talents et de s’estimer dans sa singularité. Cela va également lui permettre d’accepter la différence. Cette approche des talents est également l’opportunité d’éduquer les enfants à s’émerveiller des talents des autres.

J’ai envie de conclure avec cette phrase d’Antoine de Saint-Exupéry : « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis ».