Les secrets de notre cœur

Mieux se connaître… c’est aussi connaître son corps. Je viens de terminer le livre « 3 milliards de battements. Les secrets de notre cœur », écrit par Dr Emmanuelle Berthelot et je retiens de nombreuses informations ! Il est à découvrir aux éditions du ROCHER.

Le lien ici.

J’aimerais vous partager une partie de ce que je retiens de ma lecture car mieux se connaître, mieux comprendre son corps et son cœur nous invite à prendre certaines décisions plus facilement, à être bienveillant envers nous-même et envers les autres car il y a des raisons physiologiques à certaines de nos réactions.

Pour commencer, j’aime beaucoup cette phrase « Car il existe bien une urgence de société et de santé à se reconnecter individuellement au vivant en nous et autour de nous, si nous voulons contribuer individuellement et collectivement à un futur plus souhaitable. » (p10). Dr Berthelot nous invite à acquérir des outils pour être autonomes, pour nous reconnecter à notre corps, à notre cœur.

Une seconde idée est essentielle et se fait, à mon sens, avec beaucoup de bienveillance envers soi-même. « L’être humain est capable d’automodification, volontaire et involontaire »(p88). Nous apprenons en permanence de façon consciente ou inconsciente. Prendre le temps de s’arrêter, se (re)connecter aux sensations de notre corps, de notre cœur pour, si besoin, modifier petit à petit certaines réactions qui ne nous correspondent pas. Que se passe-t-il lorsque je me sens en colère ? Comment mon corps réagit-il ? Que puis-je faire dans ma journée pour éviter cette escalade émotionnelle ? Ai-je pris 5′ pour souffler (même soupirer) dans ma journée pour évacuer l’accumulation ? Le lien entre le système nerveux et le cœur est, aujourd’hui, mis en avant par la recherche. Les émotions ont un impact sur notre cœur, sur notre corps et vis versa, nos ressentis corporels ont un impact sur nos pensées, nos humeurs.

Mieux se connaître, mieux comprendre son corps permet également de mieux comprendre nos relations. J’ai beaucoup aimé ce passage sur les relations amoureuses : « Lorsqu’on tombe amoureux, le cortex préfrontal et l’amygdale cérébrale sont très actifs et peuvent empêcher d’autres structures de fonctionner normalement. Ainsi, on ne voit plus les défauts de l’être aimé. […] On dit que l’amour dure trois ans. Une fois le taux d’hormones revenus à la normale, le partenaire apparaît alors dans sa réalité et son entièreté, avec ses imperfections autant que ses qualités. La suite de l’histoire demande de l’énergie et de l’engagement pour maintenir la flamme d’amour. Le partage de moments de vie, la complicité, la communication, s’embrasser souvent, se serrer dans les bras et avoir des rapports sexuels réguliers avec l’être aimé, contribuent fortement à entretenir une relation sur la durée en entretenant aussi les taux d’hormones bénéfiques et notamment l’ocytocine. On ne décide par de tomber amoureux, mais on choisit d’aimer. » (p93-94)

Dr Berthelot explique de façon simple le fonctionnement de notre cœur, l’histoire des découvertes, les maladies cardiaques, les liens entre le stress et le cœur, le sport comme extase naturelle…Je ne vais pas tout vous dévoiler dans cet article mais vous invite à lire ce livre. Cette spécialiste du cœur propose également à la fin du livre « les conseils de la cardio ». Je vous en partage quelques-uns : Apprendre à bien respirer, prendre soin de son sommeil, faire une activité physique (marcher tous les jours…), s’arrêter quelques minutes de temps en temps pour se (re)connecter à ses ressentis corporels, être attentif à son alimentation… et un que j’aime beaucoup « Dehors, sourire à dix personnes, et dire bonjour à dix autres personnes. » (p195)

Pour conclure, je vous retranscris un dernier extrait :

Notre corps est un navire, un moyen de transport unique, qui nous permet de traverser la vie de notre naissance à notre mort. Et le cœur en est le moteur. […] Nous n’avons qu’un corps, nous n’avons qu’une vie et nous n’avons qu’un cœur. Il nous appartient d’en prendre soin si nous voulons qu’ils nous permettent de porter nos projets, nos envies, nos ambitions, nos réalisations et tout ce qui compte réellement pour nous. » (p193)

La motivation et l’engagement

Et si on prenait le temps de se (re)connecter à sa propre motivation en tant que professionnel ?
Comment ? En s’arrêtant quelques minutes par jour (ou par semaine) avec son carnet à la main !

✔Comment je renforce mon sentiment d’efficacité personnelle ?
✔ Quel sens a mon travail ? Ai-je du plaisir à faire ce que je fais ?
✔ Ai-je l’autonomie dont j’ai besoin ? Est-ce que je saisis l’autonomie qui m’est accordée ?
✔ Est-ce que je fais un pas de côté pour évaluer mes projets, mes journées ? Pour identifier mes erreurs, réajuster ? Acter, célébrer mes réussites ?
✔ Est-ce que j’accorde du temps à me créer une équipe ? Avec quels collègues je veux avancer, aller plus loin ? Qui accorde de la valeur à mon travail ?

A mon sens, prendre ce temps et mettre en place, petit à petit, ces habitudes sont nécessaires.
Les conséquences ? Nous sommes plus épanouis et nous comprenons mieux les élèves !

Sans oublier de prendre du temps pour des motivations en dehors de notre travail ! Le processus est le même et se fait, bien souvent, de façon plus naturelle… Ces apports sont très liés à ceux de la psychologie positive !

Comprendre la motivation et l’engagement est une clé pour la réussite scolaire des élèves ! Je vous invite à suivre Fabrice PASTOR pour découvrir ces apports très parlants.

Quels sont vos besoins ?

Quels sont vos besoins ? « amitié, paroles agréables, écoute, sérénité ! » – Extrait de propos de collégiens lors d’une séance « apprendre à se connaitre ».
Lors de mes interventions, poser un cadre est essentiel.

Pourquoi ?
✔pour se sentir en sécurité et pouvoir s’exprimer, se tromper, apprendre en toute sérénité.
✔apprendre ensemble est un levier puissant, prendre appui sur l’idée de l’autre, coconstruire, aller plus loin ensemble, cela demande d’être en confiance.

Comment ?
✔ En permettant à chacun d’exprimer ses besoins pour travailler ensemble (quelques minutes suffisent) ! Il est également possible de poser des accords de fonctionnement en tant que formateur, professeur, intervenant (ex : photo).
✔ Faciliter de façon à ce que les besoins ou les accords posés soient entendus et compris.
✔ Réaliser le tour des participants pour s’accorder sur ce qui a été dit, puis inviter chacun à s’engager.
✔ Se référer aux besoins, aux accords dès que cela semble nécessaire.

L’erreur permet d’apprendre et cela est également vrai pour les compétences relationnelles. S’autoriser à ce que cela demande du temps, de la répétition, des retours en arrière pour de grandes avancées…

Photo : facilitation de Youna Corbé lors d’une intervention parents/enfants.

Les émotions des enseignants

Pascale HAAG et Lisa COGNARD

La formation des enseignants autour de la thématique « apprendre à mieux se connaitre pour s’accomplir » prend tout son sens à la lecture de cet article.

« À l’heure où l’évolution du système éducatif se traduit par une complexification et une intensification du travail enseignant, savoir travailler sur ses émotions et avec ses émotions est devenu un aspect important de l’activité quotidienne des enseignants. En effet, les élèves ne sont pas seuls à ressentir des émotions : c’est également le cas des enseignants qui peuvent tantôt se réjouir des progrès de leurs élèves, tantôt éprouver de la frustration devant un enfant dissipé qui perturbe le fonctionnement de la classe ou de l’anxiété à l’idée d’une inspection prochaine. »

Devenir des chasseurs de bonheur

Pour Christophe André, décider de devenir des chasseurs de bonheur est une clé pour notre quotidien, pour affronter les moments difficiles, les galères, les épreuves. Le bonheur, pour ce psychiatre et psychothérapeute français, est un pouvoir incroyable pour affronter l’adversité. Il explique que le principe des émotions douloureuses est d’en prendre conscience, de les ressentir, de s’arrêter 2-3 minutes et d’observer ce vers quoi elles nous poussent, ce qu’elles nous proposent de faire, le programme (l’autoroute) qu’elles sont en train de nous imposer, d’imposer à notre cerveau. Alors, il propose de désobéir, de s’arrêter, de respirer, d’observer les tensions diminuer dans notre corps.

Au lieu de suivre l’autoroute de nos habitudes, de nos automatismes, Christophe André nous propose de faire une déviation, de prendre le temps d’un chemin plus long pour aller vers l’apaisement.

Comment créer la déviation ? Décider de stopper, respirer, s’amuser avec son mental, changer de point de vue, chercher les avantages à la situation, se demander ce que la situation nous apprend…

L’autoroute n’est pas loin et tellement facile, nos pensées risquent de la retrouver malgré nous ! Faire une déviation nécessite de l’entraînement, une certaine exigence et de la bienveillance envers soi-même.

Je vous invite à écouter InPower Podcast : Christophe André, Psychiatre et Auteur – « Devenir chasseur de bonheur ».

Innovations pédagogiques

Je vous partage quelques extraits du livre Pédagogies alternatives et démarches innovantes qui font écho pour moi particulièrement pour accompagner les établissements scolaires. Tout d’abord « Yves Reuter, professeur en sciences de l’éducation, montre que c’est une constante dans la recherche en éducation qu’une innovation, lorsqu’elle est étendue, fonctionne moins bien ». En d’autres termes : chaque établissement, chaque équipe, chaque enseignant doit s’inspirer de différentes pédagogies, les comprendre, se les approprier et faire selon ses projets, ses besoins et ses forces.

Comment permettre les espace-temps aux équipes pour cette réflexion ?

Quand et comment acter ce qui fonctionne et questionner ce qui fonctionne moins ?

« L’innovation pédagogique est par essence une voie de recherche. François Muller décrit sur son blog les conditions pour que l’enseignant d’aujourd’hui puisse s’engager dans une démarche d’innovation et de développement professionnel. Il compare cela à une aventure, pas à pas, souvent collective. Il faut cultiver le goût du voyage, de la découverte et du risque, aimer le travail en équipe, s’habituer à se confronter à des éléments externes, non prévisibles. Le voyage ne peut aboutir sans carte, ni instrument de voyage et ni cap fixé. Face au changement d’ère, il faut innover pour adapter son action aux fluctuations du voyage, […] Pour pouvoir expérimenter et innover, il faut donc des instruments, des outils, des expériences partagées, des envies de se lancer, mais pas sans filet. » C’est dans cette dynamique que je propose des temps de formation collective : découvrir et expérimenter des outils, des expériences et créer une cohésion d’équipe qui laisse place à l’expérimentation, aux échanges et aux partages vers un but commun.

Remercier !

Je vous partage quelques idées suite à l’écoute d’une émission « Grand bien vous fasse » :

Dire merci une philosophie de vie 🙂 et bon pour la santé ! Dire et recevoir des mercis en famille – apprendre à tourner notre regard sur ce que l’on aime chez l’autre ! Une gymnastique ! – Ne pas recevoir d’encouragement dans ce que l’on fait peut entraîner un découragement dans notre mission. – Dire merci pour quelque chose à un moment précis. – Au lieu de répondre « de rien », dire « avec plaisir » 😊! – Sortir de l’éducation pour aller vers l’élévation, comment j’élève mon enfant et ainsi je m’élève !

Merci Christophe André, Anne Cazaubon, Frederic Fanget et Marie-Laure Zonszain

Retrouver l’émission sur le site de France-Inter.

« L’intelligence émotionnelle à l’école et en famille » – Bruno Humbeeck

Ravie d’avoir entre les mains ce livre de Bruno Humbeeck ! Je vous partage, comme j’aime le faire sur ce blog, les « essentiels » pour nous, enseignants et enseignantes. Aujourd’hui « l’intelligence émotionnelle » est de plus en plus à mettre au cœur de notre quotidien, mais pourquoi est-ce important ? Est-ce une question de mode ? Comment le faire dans nos classes ? Pour qui ? Avec qui ? Toutes ces questions peuvent parfois nous freiner avant même de commencer.

Pour moi, deux essentiels pour aborder ce thème avec sérénité :

  • gérer un groupe est de plus en plus difficile pour l’enseignant mais rassurons nous, permettre à des élèves d’évoluer dans un groupe est une nécessité pour qu’ils puissent vivre en société demain ! Nous ne faisons pas exactement comme nous le souhaitons mais beaucoup d’apprentissages se font sans que nous nous en apercevons. Nous sommes parfaitement imparfaits et c’est parfait comme ça !
  • comprendre le fonctionnement des émotions est une base dans ce métier pour les élèves certes mais surtout pour les professionnels. Comprendre ce qui se passe en nous pour pouvoir prendre soin de soi est primordial pour notre santé physique et mentale !

L’intelligence émotionnelle, c’est quoi ? « L’intelligence émotionnelle peut alors être considérée comme une façon réfléchie et raisonnée de gérer ses propres états affectifs et de concevoir ceux des autres pour agir en conséquence. Evidemment, le fonctionnement n’est pas toujours optimal et la machine à traiter les émotions à laquelle s’apparente un cerveau humain connaît parfois par excès ou par défaut de fonctionnement, de nombreux ratés » Une définition qui me permet dès à présent de faire le parallèle avec la bienveillance envers soi. Oui, s’intéresser à l’intelligence émotionnelle est nécessaire aujourd’hui mais cela n’attend pas de nous, une gestion parfaite de nos émotions ! Bien au contraire !

Bruno Humbeeck nous partage dans cet ouvrage la nécessité de laisser aux émotions leur juste place. En effet, l’auteur nous explique que l’écoute seule des émotions et la libre expression de celles-ci peuvent avoir des conséquences non souhaitées pour nos enfants, nos élèves et pour nous même. Ce constat me rappelle cette phrase « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres » et dans laquelle nous pourrions remplacer « liberté » par « émotion » ! Les émotions des uns s’arrêtent là où commencent celles des autres. Oui, je ressens, oui j’exprime mon émotion mais ceci doit se faire dans le respect du collectif.

L’intelligence émotionnelle est de plus en plus au centre de notre pratique ! Pourquoi ? Comme l’explique Bruno Humbeeck, « L’évènement des « intelligences multiples », le souci de construire du vivre-ensemble et de préserver un climat de classe favorable aux apprentissages pour tous et pour chacun et la perception du rôle particulier de l’émotion comme déclencheur de l’activité cognitive sont des facteurs qui ont participé à la valorisation de l’idée de faire de la gestion des émotions un apprentissage transversal…« 

Pour qui ? Oui bien sûr pour les enfants mais je pense qu’il est nécessaire de commencer par les professionnels ! Cet extrait va particulièrement dans ce sens : « On doit toujours se préoccuper de ceux qui, par leur rôle, leur fonction ou leur statut, sont amenés à s’occuper des émotions des autres. Mettre les émotions des enfants au cœur du processus d’apprentissage scolaire suppose ainsi de se donner les moyens d’accompagner les enseignants dans la gestion de leurs propres états affectifs. »

Dans cet ouvrage, l’auteur nous rappelle que c’est la diversité des réactions et l’aptitude à défaillir de l’adulte, à ne pas être en adéquation absolue avec tous les états émotifs des enfants, qui permet à l’enfant de ressentir, d’exprimer et de décrypter ses propres états émotionnels et ceux qui affectent son entourage. Les enseignants souhaitant être dans une écoute absolue des émotions de chaque enfant vont s’épuiser et cela n’est finalement pas bénéfique pour l’enfant. Nous sommes dans un collectif et l’épanouissement personnel doit être toujours en lien avec l’épanouissement du groupe, de la famille, de la classe. Une bonne nouvelle qui permet à chaque enseignant de se rendre compte que ce qu’il fait c’est-à-dire gérer un groupe dans son ensemble est nécessaire pour l’élève et pour chaque citoyen de notre société demain.

Pour terminer, je reprendrai cet extrait qui est, à mon avis, très parlant dans la relation avec nos enfants, nos élèves mais aussi dans la relation avec nous même et pourquoi pas avec nos collègues : « Nous devons nous permettre de rayonner, de sentir que, comme tous les autres, nous sommes en mesure de briller, non pour faire de l’ombre à qui que ce soit, mais pour illuminer la nuit comme une infinité d’étoiles qui acceptent, chacune, le défi d’être un soleil dans sa propre galaxie. Un soleil avance à son rythme. Même caché, au bout d’un horizon sur lequel se regroupent des nuages, il continue, au-dessus d’eux et sans qu’on le voie, à briller. Inexorablement, il se lève chaque matin pour éclairer le monde de sa lumière et se couche chaque soir pour lui permettre de se reposer. Alors, au lieu d’utiliser des injonctions telles que « Sois parfait », « Sois fort », « Fais un effort » et autres « Dépêche-toi », si on apprenait à nos enfants à leur opposer : « Je suis un soleil. J’éclate de mille feux, même si on ne me voit pas […] ». Et j’ajouterai que modifier ces injonctions dans notre discours intérieur est également une priorité !

« Faire humblement des projets ambitieux »

Une joie pour moi de rencontrer Nolwenn Guillou, directrice de l’école « Le blé en herbe » de Trébédan et de découvrir ce qui anime cette belle équipe pédagogique.

L’objectif pour moi : comprendre pourquoi et comment une équipe enseignante mène des projets aussi ambitieux avec autant de dynamisme et d’épanouissement personnel ?

L’entretien se déroule sur l’heure du midi pour ne pas surcharger des journées suffisamment rythmées ! Je rencontre Nolwenn dans la médiathèque, lieu de partage entre l’école et la municipalité. J’apprécie ce lieu, il témoigne à lui seul d’une partie des convictions de l’équipe. Nolwenn me relate l’histoire de l’école depuis son arrivée avec une de ses collègues il y a 22 ans. Se rendant compte de leurs convictions communes, elles posent leur vision des choses : l’école se doit d’être un cadre serein, structuré et rassurant. Premier objectif : faire exister l’école en dehors des murs, créer le lien entre les enseignantes, les enfants, les parents, les élus et les habitants de la commune. Le premier projet prend forme : élaboration d’un jardin avec les anciens ! C’est un succès, les enfants prennent plaisir à apprendre de leurs aînés, ceux-ci ne cachent pas leur joie de partager leurs savoir-faire et chacun se saluent dans le village. L’école devient un lieu de vie pour tous. Les enseignantes en sont convaincues : donner du sens aux apprentissages, lire, compter, mesurer en dehors des murs pour faire le lien avec les apprentissages réalisés en classe.

Un second projet prend la suite du premier : « la cabane » avec toujours les mêmes ambitions : faire vivre des expériences qui rassemblent, des projets collectifs dans lesquels chacun a sa place. Les élèves sont acteurs et il est important pour Nolwenn qu’ils en prennent conscience, pour se faire l’équipe utilise un outil essentiel permettant de garder trace des étapes et des finalités : le cahier de projet. Et cela continue : « A la conquête des lavoirs et des fontaines de Trébédan » commence doucement et prend forme petit à petit avec des propositions qui dépassent l’imagination des idées du début. Les enfants découvrent grâce aux anciens ces lieux oubliés de la commune, un partage de connaissances qui donnent sens aux savoirs, qui rendent les élèves acteurs et qui créent le lien entre les générations. Des présentations, des exposés, des courts-métrages sont alors réalisés avec des présentations inoubliables.

Toujours avec ce parti pris de l’importance du collectif, les enseignantes continuent de réfléchir à différents projets en lien notamment avec la municipalité, puis au fils des années, un projet plus conséquent se dessine : repenser l’aménagement de l’école, lieu central dans le village. Chacun dans son rôle, les besoins se définissent, les envies se croisent, les plans se dessinent et l’école prend forme après 9 ans de projet.

Les choses ne s’arrêtent pas là car ce qui important comme me le souligne à plusieurs reprises Nolwenn c’est la démarche, la dynamique, les convictions qui animent l’ensemble de la communauté. Depuis des projets se suivent, se créent toujours en partenariat avec les différents acteurs. Les thèmes sont réfléchis : l’écologie, avec l’étude des énergies, des déchets, de l’eau et cette année des vêtements. Une démarche guide les enseignantes : la première étape consiste à acquérir des connaissances, c’est l’étapes des apports notionnels. La seconde étape concerne les apports artistiques : Que dit la littérature de notre thème ? La musique ? les œuvres d’art ?. Enfin la 3 étape : la mise en action, et nous qu’allons nous faire de ce thème ? Les élèves se rassemblent, débattent, proposent et les enseignantes encadrent, guident, programment. La 4ème et dernière étape, celle qui suit le projet, a son importance. C’est sûrement cette phase qui permet la longévité et la réussite de l’école : la valorisation du projet, la mise en avant de ce qui a été fait. Célébrer les réussites et prendre conscience de tout le travail fourni avec les élèves permet à chacun de prendre conscience de l’importance du collectif, de la notion d’effort, des étapes pour mener à bien un projet. Un sentiment de fierté individuelle et fierté commune plane sur toute la communauté ! Les enfants comme les adultes prennent confiance en eux et dans les possibles !

Pour terminer, je reprendrai une phrase de Nolwenn : « Faire humblement des projets ambitieux ».

Suite à cet entretien, je continue d’accompagner des écoles avec pour ambition de guider les équipes à définir leurs convictions communes, leurs partis pris, leurs envies pour ensuite avancer dans des projets qui les animent, les ressourcent et dans lesquels chaque professionnel puisse s’accomplir.

Les soft skills à l’école

Aujourd’hui de nombreuses entreprises apprécient lire les soft skills des candidats sur les CV, compétences essentielles. Depuis longtemps ce que l’on appelle les soft skills, c’est-à-dire les compétences humaines et comportementales, permettent à chacun de vivre une existence plus harmonieuse tant dans la vie personnelle que professionnelle. Seulement, les recherches et l’évolution de notre société les mettent en évidence et apportent des outils pour les développer. Et si, l’école était partie prenante !

Résolution de problèmes, communication, confiance, intelligence émotionnelle, empathie, gestion du temps, gestion du stress, créativité, esprit d’entreprendre, audace, motivation, vision, présence, sens du collectif, curiosité, esprit critique, des compétences que nous retrouvons dans les classes mais souvent de façon implicite. Mettre ces compétences en parallèle des compétences scolaires et ce de façon explicite permet aux élèves de vivre un quotidien motivant, de développer leurs forces et de choisir leur orientation avec sérénité. Comment développer ces compétences chez les élèves ?

La première étape se situe pour moi d’un point de vue théorique : connaitre ces compétences humaines, avoir conscience de leur nécessité et faire en sorte qu’elles deviennent un point commun pour toute l’équipe pédagogique. La deuxième étape, plus pratique, sera d’expérimenter des outils pour soi, de les mettre en pratique dans les classes et de les évaluer individuellement et surtout avec l’équipe.

Expliciter ces compétences aux élèves de façon régulière devient une priorité. En classe, je propose de terminer une séance d’apprentissages par la question : qu’avez-vous appris ?

Prenons l’exemple d’un groupe qui termine une série de problèmes, les premières réponses seront lire, comprendre, calculer, écrire la réponse… OUI mais allons plus loin, invitons les élèves à s’exprimer sur leurs soft skills : j’ai appris à réfléchir seul ou avec un camarade, j’ai essayé et je me suis trompé, j’ai appris à valider ou corriger mes essais, à persévérer, à expliquer ma façon de voir à un camarade, à tenter une solution que je n’osais pas, j’ai appris à porter toute mon attention sur l’exercice, à me remotiver lorsque je n’y arrivais pas, à me faire confiance,…