
Une joie pour moi de rencontrer Nolwenn Guillou, directrice de l’école « Le blé en herbe » de Trébédan et de découvrir ce qui anime cette belle équipe pédagogique.
L’objectif pour moi : comprendre pourquoi et comment une équipe enseignante mène des projets aussi ambitieux avec autant de dynamisme et d’épanouissement personnel ?
L’entretien se déroule sur l’heure du midi pour ne pas surcharger des journées suffisamment rythmées ! Je rencontre Nolwenn dans la médiathèque, lieu de partage entre l’école et la municipalité. J’apprécie ce lieu, il témoigne à lui seul d’une partie des convictions de l’équipe. Nolwenn me relate l’histoire de l’école depuis son arrivée avec une de ses collègues il y a 22 ans. Se rendant compte de leurs convictions communes, elles posent leur vision des choses : l’école se doit d’être un cadre serein, structuré et rassurant. Premier objectif : faire exister l’école en dehors des murs, créer le lien entre les enseignantes, les enfants, les parents, les élus et les habitants de la commune. Le premier projet prend forme : élaboration d’un jardin avec les anciens ! C’est un succès, les enfants prennent plaisir à apprendre de leurs aînés, ceux-ci ne cachent pas leur joie de partager leurs savoir-faire et chacun se saluent dans le village. L’école devient un lieu de vie pour tous. Les enseignantes en sont convaincues : donner du sens aux apprentissages, lire, compter, mesurer en dehors des murs pour faire le lien avec les apprentissages réalisés en classe.
Un second projet prend la suite du premier : « la cabane » avec toujours les mêmes ambitions : faire vivre des expériences qui rassemblent, des projets collectifs dans lesquels chacun a sa place. Les élèves sont acteurs et il est important pour Nolwenn qu’ils en prennent conscience, pour se faire l’équipe utilise un outil essentiel permettant de garder trace des étapes et des finalités : le cahier de projet. Et cela continue : « A la conquête des lavoirs et des fontaines de Trébédan » commence doucement et prend forme petit à petit avec des propositions qui dépassent l’imagination des idées du début. Les enfants découvrent grâce aux anciens ces lieux oubliés de la commune, un partage de connaissances qui donnent sens aux savoirs, qui rendent les élèves acteurs et qui créent le lien entre les générations. Des présentations, des exposés, des courts-métrages sont alors réalisés avec des présentations inoubliables.
Toujours avec ce parti pris de l’importance du collectif, les enseignantes continuent de réfléchir à différents projets en lien notamment avec la municipalité, puis au fils des années, un projet plus conséquent se dessine : repenser l’aménagement de l’école, lieu central dans le village. Chacun dans son rôle, les besoins se définissent, les envies se croisent, les plans se dessinent et l’école prend forme après 9 ans de projet.
Les choses ne s’arrêtent pas là car ce qui important comme me le souligne à plusieurs reprises Nolwenn c’est la démarche, la dynamique, les convictions qui animent l’ensemble de la communauté. Depuis des projets se suivent, se créent toujours en partenariat avec les différents acteurs. Les thèmes sont réfléchis : l’écologie, avec l’étude des énergies, des déchets, de l’eau et cette année des vêtements. Une démarche guide les enseignantes : la première étape consiste à acquérir des connaissances, c’est l’étapes des apports notionnels. La seconde étape concerne les apports artistiques : Que dit la littérature de notre thème ? La musique ? les œuvres d’art ?. Enfin la 3 étape : la mise en action, et nous qu’allons nous faire de ce thème ? Les élèves se rassemblent, débattent, proposent et les enseignantes encadrent, guident, programment. La 4ème et dernière étape, celle qui suit le projet, a son importance. C’est sûrement cette phase qui permet la longévité et la réussite de l’école : la valorisation du projet, la mise en avant de ce qui a été fait. Célébrer les réussites et prendre conscience de tout le travail fourni avec les élèves permet à chacun de prendre conscience de l’importance du collectif, de la notion d’effort, des étapes pour mener à bien un projet. Un sentiment de fierté individuelle et fierté commune plane sur toute la communauté ! Les enfants comme les adultes prennent confiance en eux et dans les possibles !
Pour terminer, je reprendrai une phrase de Nolwenn : « Faire humblement des projets ambitieux ».
Suite à cet entretien, je continue d’accompagner des écoles avec pour ambition de guider les équipes à définir leurs convictions communes, leurs partis pris, leurs envies pour ensuite avancer dans des projets qui les animent, les ressourcent et dans lesquels chaque professionnel puisse s’accomplir.
