Apprendre à être optimiste

Que chacun puisse apprécier le présent et espérer dans un avenir relativement serein est une force pour notre monde de demain.

Les scientifiques, les chercheurs, les philosophes, les psychologues l’expliquent dans différents articles, nous avons par nature une tendance à nous orienter vers le négatif. Cette tendance nous a longtemps et est encore nécessaire à certains moments pour des questions de survie comme par exemple réagir à un potentiel danger pour l’éviter (précipice, feu, …). Cependant, cet automatisme doit être constaté pour ne pas être appliqué à toutes les situations de notre quotidien (un dossier, une réunion, un repas à préparer, …) sans quoi nous nous générons du stress, de la fatigue, de la lassitude ou encore de l’angoisse.

Pour reprendre les termes de Charles Hadji (Université de Grenoble Alpes) dans son article « Apprendre à être optimiste, un enjeu éducatif » , « L’optimiste éprouve un sentiment de confiance dans l’avenir, et s’attend à un heureux dénouement des situations. Tandis que le pessimiste a la conviction que les choses finissent toujours par mal tourner. Le premier est plutôt heureux de son présent, et sans crainte particulière pour son avenir. Le second mécontent du présent, et très inquiet pour son avenir ». Suite à ces définitions, je me demande ce que nous souhaitons pour nos jeunes. Pour ma part, la réponse est simple, évidente et essentielle. Que chacun puisse apprécier le présent et espérer dans un avenir relativement serein est une force pour notre monde de demain. Maintenant se pose la question du comment ? Car oui être optimiste cela s’apprend. Les neuroscientifiques le confirment, nous pouvons améliorer nos capacités à voir les points positifs dans chaque situation. Cette capacité nous entraîne alors dans un cercle vertueux car plus nous percevons le positif plus nos actions s’orientent vers du positif et plus notre attitude est tournée vers l’autre. J’ajouterai que, toujours selon les chercheurs, cette attitude est contagieuse !

A cette question du « comment », des idées me viennent en tête :

  • Terminer sa journée avec les 3 kifs (3 moments, paroles ou rencontres que j’ai apprécié dans la journée et essayer de ressentir le moment comme si j’y étais). Vous pouvez retrouver cette proposition sur le site de Florence Servan Schreiber.
  • Se rendre compte lorsque quelque chose de positif se passe et l’apprécier, le noter par exemple dans un petit cahier de gratitude ou de kifs (outil que l’on pourrait très bien imaginer en classe, les élèves font alors de la production d’écrits, du 2 en 1 !)
  • Prendre conscience qu’une autre personne est bien souvent à l’origine d’un moment agréable, d’une action positive. Savoir l’apprécier (en l’ajoutant dans son petit cahier) et/ou le remercier. Je pense que ceci est également possible en classe, en prenant appui, par exemple, sur le conte des chaudoudoux pour les plus jeunes (vous trouverez des ressources pédagogiques formidables sur les sites pédagogiques). Nous pouvons également imaginer des temps en classe lors desquels on remercie quelqu’un pour un moment, une phrase, un geste.
  • Accompagner les jeunes et les enfants à prendre conscience du cheminement réalisé lorsqu’ils réussissent une action, un exercice, … afin de se rendre compte qu’ils sont acteurs de leurs réussites.
  • Revenir sur des situations difficiles et voir comment on a essayé de les dépasser, nos ressources personnelles et les personnes qui nous soutiennent lors des ces situations. Nous pourrons alors nous appuyer sur ces mêmes ressources lorsque d’autres difficultés surviendront.
  • L’ennui et la méditation sont également des outils très intéressants pour développer ces attitudes, ces pensées tournées vers le positif.

Ces idées ne sont que des pistes. Il me semble que dans les équipes de professionnels, plusieurs idées peuvent émerger, en choisir quelques unes, les mettre en place. Avoir des actions communes sur l’ensemble des classes peut rendre ces actions automatiques et être une ressource essentielle pour un enfant, pour un jeune dans sa vie personnelle et professionnelle. Ces actions choisies peuvent également être présentées aux familles qui peuvent, à leur façon, utiliser ces outils pour eux même et/ou conforter leurs enfants dans cette démarche.

Je souhaite, pour se rendre compte de cet enjeu éducatif, ajouter quelques extraits de l’article de Charles Hadji qui me font particulièrement écho :

« L’un (le pessimisme) conduit à subir et à se résigner, au nom d’un présent toujours décevant. L’autre (l’optimisme) à agir et à avancer, au nom d’un lendemain susceptible de chanter. »

« Il faut envisager l’optimisme comme une manière de surmonter la tristesse dans laquelle plonge la prise en compte de la dureté des temps, et le constat des souffrances qui accompagnent toute vie humaine. »

« Il ne faut pas penser l’un (l’optimisme) contre l’autre (le pessimisme), comme si le choix de l’un ne laissait aucune place à l’autre. […] Le monde est ce qu’il est. Il ne nous veut ni bien, ni mal. L’avenir est incertain, et peut faire advenir le bien comme le mal. C’est pourquoi le réalisme du pessimisme n’interdit pas, bien au contraire, « l’espérance folle » (Guy Béart) de l’optimisme. Il faut se guérir d’un pessimisme paralysant. L’éducation se doit donc de promouvoir un optimisme salvateur. »

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