Les messages clairs

Lors de mon expérience en tant qu’enseignante, j’utilisais au maximum les messages clairs. Je trouve cette habitude bénéfique pour les élèves pour leur relation aux autres mais aussi pour entrer dans les apprentissages (plus disponibles). Je remarque également que l’utiliser en classe permet aux adultes et aux enfants de l’appliquer davantage à la maison . Cette habitude est plus facile à utiliser quand notre réservoir émotionnel n’est pas trop rempli !!! D’où l’importance de se trouver du temps pour prendre soin de soi, se regonfler énergétiquement. Plusieurs sites ou blogs expliquent très bien le fonctionnement des messages clairs.

En quoi consiste le message clair ?

Un message clair a plusieurs étapes :

1- Je ressens une émotion et j’en prends conscience.

2- Je dis à mon camarade que j’ai un message clair à lui faire (s’il n’est pas disponible, le message perd de son efficacité),

3- J’expose la situation (Quand tu m’as …) et j’exprime mon émotion (je me suis senti …).

4- Je lui demande s’il a compris et je peux lui demander une réparation lorsque l’émotion ressentie était dérangeante pour moi (j’attends que tu me dises « pardon » et/ou j’ai besoin que tu ne recommences plus). Bien souvent les enfants s’excusent d’eux même.

Les messages clairs fonctionnent très bien avec la joie. Les élèves se rendent compte qu’ils ont le pouvoir de rendre quelqu’un joyeux !

L’utilisation des messages clairs nécessite un apprentissage au début de l’année, puis des rappels réguliers et prend parfois du temps dans une journée. Il est essentiel de se dire que c’est un choix assumé (je me le rappelle souvent !!!) car l’idée que nous avons du programme scolaire prend souvent le dessus.

Je suis convaincue que nous devons en tant qu’adulte apprendre aux enfants à communiquer et à gérer leurs conflits. Lorsqu’un enfant vient nous dire « Il m’a tapé. », nous avons tendance à répondre « C’est rien ! » ou « Tu l’as peut-être embêté ». Ces phrases (il m’arrive sûrement de les dire) me questionnent de plus en plus. Comment l’enfant va-t-il réagir lorsqu’il sera adulte ? S’il tape quelqu’un, se dit-il « c’est rien » ou « il m’avait embêté ! »

Les messages clairs nous permettent de ne pas entrer dans l’interprétation. Effectivement, parfois un élève avait embêté l’autre et généralement ils s’excusent tous les deux. Peut-être aussi que l’élève ne l’avait pas taper mais courait à côté, si le message est fait sans agressivité l’enfant reconnaitra facilement son erreur et s’excusera de lui même. *

Cette technique est également un bon moyen de ne pas nous faire envahir par nos propres émotions. Lorsqu’en fin de journée, un élève vient une nouvelle fois dire qu’un tel (toujours le même) a encore tapé, nous avons tendance à réagir avec notre colère, en oubliant la situation du moment.

Avoir ce fonctionnement en tête est un plus mais nous ne sommes pas des machines et nous réagissons avec ce que nous sommes au moment où les choses arrivent. Pas de culpabilité non plus !

Aimer la vie telle qu’elle est…

Aimer la vie telle qu’elle est, aimer les gens tels qu’ils sont et s’aimer soi-même tel que l’on est. La vie nous met au défi. Au fil du temps, la vie nous met au défi et nous oblige à apprendre à nous connaître avec nos talents et nos fragilités, les accepter est sûrement un premier pas : accepter notre imperfection, accepter nos faiblesses. Nous avons parfois peur, nous ressentons de la colère, de la tristesse. Tout ceci fait partie de notre existence. Être serein ce n’est pas une absence d’émotion, ni une gestion parfaite de nos ressentis. La sérénité, c’est la sagesse que nous pouvons chercher pour accepter tout ça. C’est accepter, embrasser nos limites. On nous fait penser aujourd’hui que l’on peut espérer la sérénité à 100 %, respirer jusqu’à 10 ou boire de l’eau et apaiser notre colère. Certes il y a des pistes intéressantes mais la vie c’est aussi accepter ces sauts d’humeur et vivre de façon spontanée.

Et demain…

La société est en train de vivre un tournant, nous ne savons pas quelle société nous aurons dans quelques temps. Nos enfants auront une vie différente. Beaucoup d’incertitudes et de questions se posent : est-ce que le collectif aura encore sa place ? Le vivre ensemble ? Quelle place aura le numérique ? Quelle place laisser à la nature ? Certains annoncent la fin d’une époque « ce que je veux quand je veux ». Je m’interroge également sur la place de l’école ? Sera-t-elle un moyen de réussite ? Les changements que nous vivons seront-ils bénéfiques pour cette institution ?

Je pense que nous devons revenir aux essentiels : apprendre aux enfants à lire, à écrire, à s’exprimer et à persévérer. Je suis convaincue que nous devons de plus en plus leur apprendre à réfléchir, à prendre du recul et à agir. Nous devons développer la notion de sens (donner du sens aux apprentissages) et d’effort. Les enfants auront besoin de s’accrocher pour s’en sortir et pour oser s’épanouir, pour donner du sens à leur vie. Permettons leur dès le plus jeune âge à se tourner vers l’autre, à comprendre la notion de règles au sens de collectif et non de contrainte. Apprenons leur à oser, à proposer, à se tromper, à essayer, à persévérer.

La pleine conscience et l’optimisme

J’ai écouté, il y a quelques temps déjà, une émission sur le thème de la « pleine conscience ». L’intervenant a mis en avant des sujets qui me parlent particulièrement : prendre du recul, se retrouver en soi, faire des pauses à son esprit pour qu’il apprenne à fonctionner correctement, posément. L’intervenant compare notre personne à une maison avec des émotions à la cave et des pensées au grenier. Ces deux pièces n’ont pas accès sur la réalité et ont besoin d’être analysées, observées, parlées pour nous permettre de mieux vivre au quotidien.

Je pense que nous avons ce devoir en tant qu’enseignant(e) de sensibiliser les enfants à cette façon de voir le monde d’une façon positive, pas naïve, mais positive ! Leur apprendre à analyser des situations, à trouver des leviers et à apprécier les conséquences de leurs décisions, leur apprendre à gérer leurs émotions, les verbaliser et agir avec, leur apprendre à avoir une action sur leur quotidien. Je suis persuadée que cela est facilité si nous même nous nous imprégnons de cette façon de faire (l’exemplarité).

J’ai également regardé une émission sur la chaine parlementaire « l’optimisme », Philippe Gabilliet, professeur en psychologie positive et fondateur de la ligue des optimistes. Je retiens de son intervention que l’optimisme est un état d’esprit au quotidien. L’optimiste croit en l’action alors que le pessimiste doute. L’optimiste n’est pas quelqu’un qui croit que tout est beau, tout est possible, mais c’est quelqu’un qui analyse les choses en cherchant les leviers possibles. Si il ne voit pas de levier, il change son projet. Il prend du recul et voit le positif des situations vécues et agit sur les choses qui ne lui conviennent pas.

En tant qu’enseignant, nous apportons les clés aux jeunes pour entrer et vivre dans le monde de demain. Si nous ne croyons pas dans ce monde, les jeunes risquent de ne pas oser prendre les clés ! Sachons être optimistes pour leur donner envie d’apprendre et de prendre leur place dans la société de demain.

La gratitude


Remercier pour les belles choses qui nous arrivent, les choses du quotidien…

Une émission sur le thème de la gratitude m’a fait découvrir Hélène Bonhomme, fondatrice du site « Les fabuleuses » et deux autres intervenants (dont je n’ai pas noté le nom !). Ils ont témoigné de leur façon de prendre conscience des choses merveilleuses qui les entourent, d’en faire des réserves pour les moments plus difficiles. J’ai retenu, l’exemple du vase ! Un vase mis à disposition de toute la famille : toute la semaine chacun y dépose des mercis et un temps est prévu le week-end pour ouvrir tous ces mercis. Ils ont également proposer l’idée des mercis lors du repas du soir : chacun donne trois mercis pour sa journée. L’idée peut être reprise dans nos classe : terminer la dernière heure du vendredi lors d’un conseil d’élèves à déplier tous les mercis.

A la découverte d’Edgar Morin

Edgar Morin est un sociologue et philosophe français (né en 1921). J’ai découvert Edgar Morin avec son ouvrage « Les sept savoirs à l’éducation du futur » (Document paru dans le cadre du projet transdisciplinaire « Éduquer pour un avenir viable » de l’UNESCO.) La lecture de cet ouvrage est une vraie révélation qui me permet de me rappeler les essentiels de mon métier. Je vais parfois m’enfermer dans mes préparations sans prendre de recul, me stresser pour avoir des étiquettes plastifiées, des supports au top, … Réfléchir à ce que l’on souhaite pour notre société future est un bon moyen pour moi de prendre du recul.

Voici quelques idées que je retiens de ma lecture et que je reformule avec mes propres mots :

En tant qu’enseignante ma mission est de :

  • faire connaître ce qu’est connaître : la connaissance est une restitution du réel, il y a une marge d’erreur. Le but est d’armer chacun pour la lucidité, de mettre l’accent sur le processus, d’enseigner l’évolution, de faire des débats.
  • affronter la complexité : l’idée est de faire comprendre les liens entre les informations. Les connaissances doivent être dans un système et non dissociées. Edgar Morin met en garde contre la spécialisation des savoirs. Avoir des projets interdisciplinaires est pour lui un levier essentiel.
  • prendre en compte l’unité et la diversité humaine : développer un sentiment d’appartenance (se situer sur la Terre, découvrir notre espère, l’autre est semblable et différent de moi). L’enfant a besoin de trouver sa place, de se situer dans le temps et dans l’espace. Les récits Montessori peuvent être un point d’appui : ils expliquent la création de la planète, l’apparition de la vie, les hommes, les civilisations, l’histoire des nombres.
  • prendre conscience du destin planétaire du genre humain et le transmettre aux enfants : vivre en symbiose avec l’environnement et percevoir l’interdépendance : nous avons besoin de la nature.
  • affronter les incertitudes : apprendre à naviguer dans un « océan d’incertitudes avec des archipels de certitudes ». Ne pas chercher une méthode toute faire et accepter de vivre avec des doutes. Etre enseignant c’est avoir une posture d’éducateur chercheur, de savoir accueillir l’imprévu.
  • enseigner la compréhension (avec des obstacles), la compréhension intellectuelle, la compréhension humaine (développer l’empathie, l’identification, …). Edgar Morin met en avant l’importance accordée aux savoirs-êtres.
  • développer une citoyenneté humaine : il y a l’individu, la société, l’espèce humaine. Enseigner la démocratie avec des concepts clés : la liberté individuelle, la solidarité, la responsabilisation. Il est nécessaire du mettre du sens aux règles que nous définissons avec le groupe. C’est règles doivent être revues régulièrement selon ce qui se passent dans nos classes.

Par cet ouvrage, je me rends compte de l’importance de la transversalité, de l’explicitation, de donner du sens aux savoirs, de ma posture « d’enseignant – chercheur ». On continue d’apprendre avec notre groupe classe.

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